A First-Rate Madness
A First-Rate Madness

Je n’ai jamais rencontré le Dr Ghaemi mais celui-ci m’a permis de me réconcilier avec la maladie affective bipolaire. Selon Ghaemi, la maladie affective bipolaire est une folie de première classe. Comme quoi, je serais privilégiée.

Dans son ouvrage A First-Rate Madness, le psychiatre et historien iranien Nassir Ghaemi soutient que la maladie mentale accroît le sens du leadership de ceux qui en sont atteints. Ghaemi affirme que la maladie mentale, et précisément les troubles de l’humeur, permet de développer et d’affiner quatre traits de personnalité: l’empathie, le réalisme, la résilience et la créativité.

Le Dr Ghaemi analyse plusieurs personnages historiques atteints par la maladie mentale. L’intérêt de ce livre se fonde sur les nombreuses études de cas que l’auteur propose. En effet, le Dr Ghaemi examine méthodiquement la maladie mentale de personnalités connues et charismatiques, et propose les diagnostics suivants:

Le Dr Ghaemi postule que la maladie mentale sous-tend le leadership de figures politiques en temps de crise.  À l’appui de sa thèse, le Dr Ghaemi offre des contre-exemples de leaders en santé ayant failli en temps de crise et examine avec attention le cas d’Adolf Hitler, en y consacrant un chapitre entier. Dans le cas d’Hitler, l’abus de substances, précisément d’amphétamines intraveineuses, a aggravé sa maladie affective bipolaire et a miné son leadership. (Fait intéressant, l’auteur souligne que la plupart des leaders nazis étaient sains d’esprit. Comme quoi, la maladie mentale n’est pas synonyme de folie.)

L’analyse des cas de Churchill, Lincoln, Gandhi, Luther King et Kennedy se veut inspirante. Malgré la maladie mentale, ces derniers ont inspiré moult générations et ont réussi là où d’autres ont échoués. Dans le cas de Churchill, le réalisme émanant de sa dépression lui a permis mesurer avec justesse la menace présentée par l’Allemagne nazie. En ce qui a trait à Lincoln, son trouble de l’humeur l’amena à adopter une attitude pragmatique quant à l’esclavage: bien qu’il s’y opposait, celui-ci ne proposa pas son abolition avant 1863. Quant à Gandhi et Luther King, la dépression dont ils souffraient leur a permis d’aiguiser leur sens de l’empathie. Tous les deux prônaient la résistance non violente. Finalement,la cyclothymie dont était atteint John F. Kennedy a grandement influencé son leadership.

L’histoire de John F. Kennedy se veut, à mon avis, la plus intéressante de celles présentées par le Dr Ghaemi. Le président des États-Unis présentait des symptômes similaires à l’hypomanie. En effet, la cyclothymie de Kennedy s’est vue accentuée par les stéroïdes que le président prenait régulièrement pour une autre condition médicale. Contrairement à Hitler, la médication que celui-ci prenait ne rendait pas sa maladie hors de contrôle. Le cocktail de cyclothymie et de stéroïdes accentuaient les qualités recherchées chez un leader: Kennedy était charismatique, énergique et empathique.

Le président Kennedy abusait des stéroïdes pour amplifier son sentiment de bien-être. À cet égard, je m’identifie à Kennedy. Les highs provoqués par la maladie révèlent être très addictifs, et nombreux sont les personnes atteintes de troubles de l’humeur qui cherchent à les provoquer. Kennedy tirait profit de sa maladie. Pourquoi ne pas tirer profit de la mienne? En somme, je suis heureuse d’être atteinte d’une folie de première classe.

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