Margaret Trudeau, ex-femme de l’ex-premier ministre Pierre Trudeau, raconte sa vie tumultueuse au sein d’une autobiographie publiée en 2010. Ma collègue a lu le bouquin et en est venue à la conclusion que Margaret est folle. En entendant ma collègue, je soupçonne que Margaret souffre de manie et de dépression. Le jour d’après, je plonge dans l’autobiographie pour ne refaire surface que trois jours plus tard, une fois la dernière page lue. Margaret Trudeau est atteinte de la maladie affective bipolaire. Celle-ci est malade, pas folle.

Je ressemble à bien des égards à la jeune Margaret Trudeau: flamboyante et mélancolique, intelligente et impulsive. Je me reconnais dans son imperfection et sa passion. Au-delà des gestes, ce sont les états d’âme qui nous lient, Margaret et moi:

par nature, j’étais versatile, hypersensible, prompte à m’offusquer, sujette à des accès d’enthousiasme rapidement suivis d’épisodes de profonde mélancolie.

Bien que je recommande l’ouvrage aux proches de personnes atteintes par la maladie affective bipolaire, je n’offrirais pas ce bouquin aux non-initiés. Tel qu’en témoigne l’incident avec ma collègue, une personne ayant une mince compréhension de la maladie mentale en sortira secouée et non rassurée.

Si le bouquin se veut d’abord un assortiment d’anecdotes personnelles, il n’en demeure pas moins qu’il est attrayant du point de vue de la psychiatrie. En effet, une telle autobiographie rédigée à la suite d’un diagnostique permet de prendre une photographie de l’évolution de la maladie. En ce sens, les grandes étapes de la vie de Margaret correspondent à ses changements d’humeur: la naissance de ses enfants, sa séparation, la mort de son fils puis la mort de Pierre Trudeau.

De cet angle, il est intéressant de suivre la progression de la maladie au gré des grandes étapes de la vie. Tout le monde (sauf exception) vivra le deuil. De même, la majorité des femmes donneront naissance à un enfant. Puisque je désire donner naissance, je devrai me préparer à la prochaine dépression ou au prochain épisode maniaque. L’idée de la dépression post-partum m’angoisse déjà.

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