Van_Gogh_-_Starry_Night_-_Google_Art_Project
Van_Gogh_-_Starry_Night_-_Google_Art_Project

Je veux courir sur les rails du métro. Cette pensée m’obnubile.

L’obsession. Le non-sens. Si vous n’avais jamais été maniaque, vous ne comprendrez pas ce désir ardent, ce goût de l’impossible où le danger se veut irresistible.

Si j’avais écouté mon esprit toutes ces fois où celui-ci s’est emballé, j’aurais les cheveux blond platine, un tatou couvrant  mon bras gauche, du maquillage permanent et un corps modelé par la chirurgie plastique. Lorsqu’une personne bipolaire est maniaque, elle n’est plus tout à fait elle-même. Du moins, elle n’est pas apte à prendre des décisions lourdes de conséquences, car plus souvent qu’autrement, elle le regrettera une fois que son humeur sera stabilisée.

La psychologue Candida Fink et l’auteur Joe Kraynak décrivent avec justesse le moment où une personne atteinte de la maladie affective bipolaire devient d’abord obsédée, puis maniaque:

Have you ever been involved in a relationship or a project that completely engulfs your mind, body, and soul? You feel like you’re walking 3 feet above the pavement. You stop watching the clock. Movement and thought are effortless. These moments in life can be most exhilarating, but if you have a susceptibility to bipolar disorder, they can also be dangerous. During these periods of blissful obsession, you may believe you need less sleep. Perhaps you decide to skip a meal or two and chug a little more caffeine to stay awake. Your heightened sense can eventually become too high, last too long, and drive you into a full-blown manic state, which leads to an inevitable crash. – Bipolar Disorder for Dummies, 2005.

J’écris ces lignes en écoutant de la musique upbeat et avant de terminer ce billet, j’aurai bu une boisson énergisante, réveillé mon copain qui faisait la sieste et préparé le dîner. Selon l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, en phase maniaque, on retrouve les éléments suivants:

  • Estime de soi augmentée ou idées de grandeur
  • Énergie débordante et bonheur intense ou irritabilité excessive
  • Réduction du besoin de sommeil
  • Débit de la parole accéléré ou besoin de parler sans arrêt
  • Pensées rapides ou sensation d’un trop plein d’idées
  • Distractivité : incapacité à fixer son attention
  • Recrudescence de l’activité aux plans social, professionnel ou scolaire
  • Agitation psychomotrice, augmentation de l’énergie
  • Plaisirs augmentés de façon excessive et à haut risque de conséquences négatives : achats, sexualité, investissements financiers
  • Les personnes affectées peuvent également faire l’expérience d’idées délirantes (des croyances fermes, mais impossibles) et d’hallucinations. Les périodes de manie peuvent varier en intensité.

Dans mon cas, l’hypomanie se traduit par une énergie débordante et un bonheur intense, une réduction du besoin du sommeil, et des pensées si nombreuses que je ne peux pas toutes les saisir.

Bien qu’il ne le soit pas mentionné ci-haut, la phase hypomaniaque peut être synonyme de créativité et productivité. Les médecins évitent sans doute de le mentionner à leur patient, puisque la maladie affective bipolaire est une maladie à traiter, non à développer. La psychologue américaine Kay Redfield Jamison a documenté les liens entre le tempérament artistique et la maladie affective bipolaire dans son ouvrage Touched with Fire. Pour ma part, je me plais à me laisser submerger par l’énergie créatrice qui m’habite. D’ici là, d’ici la lecture de Touched with Fire, je tenterai de ne pas me brûler.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: