Dans un dossier spécial sur la maladie affective bipolaire MAB), Le nouvel Observateur s’interrogeait à savoir si celle-ci n’était pas le nouveau mal du siècle.

La maladie bipolaire semble être en vogue et cela se reflète sur nos écrans. En effet, plusieurs (anti)héros sont bipolaires: d’abord l’héroïne de la série étasunienne Homeland, Carrie, puis Tiffany de l’excellent film Silver Linings Playbook. « Ils nous ressemblent, rongés par l’angoisse de l’échec. Sauf qu’à la fin du film eux réussissent. Ils ont quelque chose, une étrangeté d’âme, un décalage, une vulnérabilité qui se meut en talent. En fait ils sont bipolaires. », note Le nouvel Observateur. Une impression qui correspond bien aux personnes atteintes de la maladie affective bipolaire.

D’un côté, la présence de personnes bipolaires au sein de séries et de films comportant des millions de spectateurs se veut une bonne nouvelle. En effet, je suis convaincue que c’est en exposant davantage le grand public que l’on réussira à déstigmatiser la maladie. Une maladie trop souvent associée à la folie.

Or, de l’autre côté, le portrait peint par ces séries et ces films sont à la fois justes et décalés. D’une part, l’incidence de la maladie y est bien représentée: c’est-à-dire, comment les variations de l’humeur affectent le quotidien et la perception des protagonistes. D’autre part, ce même portrait se veut décalé. Décalé au sens où la vie des (anti)héros connaît inévitablement une fin heureuse. Or, les personnes atteintes de la MAB sont vingt fois plus à risque de se suicider que la population dans son ensemble.

Pour parer à ce portrait biaisé de la réalité – dans la mesure où ce ne sont pas toutes les personnes bipolaires qui se stabilisent, qui finissent heureux -, je recommande le documentaire Of Two Minds sur la MAB. Au sein de ce film, on suit le parcours sur plus d’une année de six personnes, très différentes les unes des autres, atteinte de la maladie affective bipolaire. Ce qui est intéressant est que chaque personne y apporte sa couleur. (À ma connaissance, il s’agit de l’un des seuls documentaires présentés en salle entièrement consacré à la maladie affective bipolaire. Si vous connaissez quelque films que ce soit sur la MAB, n’hésitez pas à m’en faire part.)

En outre, pour un un aperçu de la maladie sur les relations amoureuses, je recommande le film Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry. En y réfléchissant, je crois que le personnage de Clementine est bipolaire: en effet, celle-ci se veut très impulsive, alcoolique et hypersexuée. Je ne cesse de redécouvrir ce film. Je ne cesse de me redécouvrir à travers ce film. Je me suis toujours identifiée au personnage de Clementine. Or, contrairement à Clementine, je ne suis pas (du moins, presque plus) instable. Dans tous les cas, je tâcherai de mener une existence heureuse… comme dans les films.

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