Je me retourne, l’infirmière me fait une injection. L’halopéridol (haldol) est absorbé par mes muscles. Mon corps se détend.

Je n’aurais jamais cru vivre une telle scène et pourtant, à la suite d’un épisode hypomaniaque récent, je me suis retrouvée dans une clinique traitant la santé mentale et la toxicomanie. Il est vrai que je me suis rendue à la clinique de mon propre gré, mais à ce moment, j’avais perdu ma capacité de jugement. Bref, j’étais à la clinique, mais incapable de choisir qu’est-ce qui était mieux pour moi.

Lorsque l’on vient de traverser un épisode hypomaniaque, on vit inévitablement un épisode dépressif. Celui-ci se caractérise par les symptômes suivants:

  • Tristesse tout au long de la journée, presque tous les jours
  • Perte d’intérêt ou de plaisir par rapport à vos activités favorites
  • Sentiment de dévalorisation
  • Sentiment de culpabilité excessif ou inapproprié
  • Pensées macabres ou suicidaires
  • Difficultés à prendre des décisions
  • Difficultés à se concentrer
  • Irritabilité
  • Fatigue et manque d’énergie
  • Douleurs et maux (notamment des maux de tête, des maux d’estomac, des douleurs articulaires ou d’autres douleurs)
  • Trop ou pas assez de sommeil
  • Changements d’appétit ou de poids
  • Impression d’agitation ou d’être au ralenti.

Source: ladepressionfaitmal.ca 

Les deux jours que j’ai passé à la clinique, je les ai oublié. Je les ai oublié puisque l’haldol a affecté ma mémoire et j’ai dormi la plus grande partie du temps. Or, je me suis toujours opposée à la médicalisation des sentiments légitimes, tels la joie ou la peine. Et pourtant, une fois à la clinique, je ne souhaitais qu’une chose: dormir. La peine qui habite la personne en peine d’amour est insupportable. Elle envahit votre esprit, puis tout votre corps. C’est à ce moment que j’ai pensé de mourir.

Je ne suis pas passé à l’acte, parce que je me trouvais à la clinique. Non pas que j’éprouvais quelque gêne que ce soit, mais je n’en avais pas l’occasion. Qui plus est, comme ma psychiatre l’a déjà souligné: il est difficile de mourir. Quelques jours plus tard, après coup, il est terrifiant de voir comment j’aurais pu si facilement porter atteinte à ma vie, sur un coup de tête. Pourtant, mes personnages sur papier meurent si facilement.

* * *

Je remercie Dieu de m’avoir mise au monde, mais aussi de m’avoir gardé en vie. Nous vivons toutes et tous des moments difficiles, mais ceux-ci ont toujours une fin. Il faut garder espoir. Alors que toutes les portes semblaient fermées devant moi, l’une d’elles a fini par s’entrouvrir. Je marche désormais en sa direction. Comme quoi, la médecine moderne peut lénifier les esprit meurtris.

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