Mon coeur saigne. Avec le deuil, la rupture amoureuse se veut la souffrance la plus grande que l’humain se doit de porter.

La douleur est aveuglante, assourdissante. Elle engourdit tous mes sens. Pour une personne saine d’esprit, la douleur est insupportable. Pour une personne atteinte de la maladie affective bipolaire, la douleur peut être fatale.

Peu importe le mal que j’ai commis dans ma relation, je me sens humiliée. Humiliée d’être aussi facilement remplaçable. De n’être qu’une personne comme une autre. Humiliée d’être trop folle pour être dans une relation stable.

La thérapie et mon entourage m’aident à tenir le coup, à me lever le matin, à aller de l’avant. En revanche, la peine se veut insupportable. Je ne sais pas comment y mettre fin. Se faire rejeter par celui qu’on aime, celui pour lequel on est prêt à tout, celui pour lequel je serais aller au bout du monde s’il me l’avait demandé est insupportable. Je pleure d’avoir perdu non seulement cet amour, mais également le futur que je désirais construire avec lui. Je suis jeune, oui, mais c’est avec lui que je désire me marier et avoir des enfants.

Désormais, je me sens seule et abandonnée. Effrayée de devoir marcher seule, sans l’âme qui me complétait. Parfois, je me suis sentie plus forte que la maladie, capable de tout, capable de m’en jouer. Aujourd’hui, je la déteste. Je déteste la maladie affective bipolaire. Je déteste mon alcoolisme. Parce que je n’ai pas été assez forte, je les ai laissé prendre ce que j’avais de plus précieux dans ma vie.

Pourtant, j’ai fait des efforts pour me repentir, me faire pardonner, me montrer digne de confiance. J’ai cessé de boire et de dépenser, je prends mes cours avec sérieux. Je reprends contact avec Dieu. Je me stabilise tel que me l’avait demandé J.

D’ailleurs, il y a moins de deux mois, j’écrivais:

Je suis en couple avec J depuis plus d’un an. Je suis heureuse que celui-ci ait été mis sur mon chemin: il a mis fin à mes souffrances.

En effet, celui-ci a mis fin à mes souffrances. Celui a baigné de lumière mon âme meurtrie. Avec son départ, mon âme s’est alourdie. Mon âme ne l’oubliera jamais.

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