2013-08-05 16.19.19
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Voyager, c’est être vivant. C’est voler haut dans les airs au risque de se brûler les ailes.

Il y a trois mois, j’annonçais mon intention de voyager en Scandinavie. Me voilà désormais assise dans un café de Montréal à dresser le bilan de ce voyage et à circonscrire les effets de celui sur ma maladie affective bipolaire.

Être bipolaire ne signifie pas la fin, mais bien le début d’une aventure. Une aventure au sein de laquelle nous nous devons être prudents, si on veut en sortir vivants. Une aventure qui n’est pas un don de Dieu, mais laquelle nous permet d’approcher la vie différemment. Tel que souligné dans son ouvrage A First-Rate Madness, le psychiatre Nassir Ghaemi souligne que la maladie affective bipolaire permet d’affiner notamment l’empathie et la créativité. Or, ce sont ces deux traits de personnalité qui, dans mes bagages, m’ont permis d’aller vers l’autre et de survivre loin de toutes certitudes.

Voyager lorsque nous sommes atteints de la maladie affective bipolaire demande de la préparation, de la résilience et le goût de l’aventure. En effet, plusieurs éléments peuvent agir comme « stresseurs » (triggers) risquant de déclencher un épisode maniaque ou dépressif. Le manque de sommeil, le stress, le manque d’exercice, l’abus de substance ou des rencontres amoureuses chaotiques constituent quelques exemples de stresseurs.

En outre, au voyage s’ajoutent les situations précédant et suivant le voyage. D’une part, avant de partir, le stress des préparatifs peut déclencher un épisode maniaque. D’autre part, au retour, le manque de projets et l’idéalisation du voyage passé peuvent déclencher un épisode dépressif. Il est à souligner que, dans le dernier cas, de nombreuses personnes, bipolaires ou non, souffrent de post-travel blues à leur retour de voyage.

* * *

Devrait-on cesser de voyager si nous sommes atteints de la maladie affective bipolaire? À mon avis, non. Le risque en vaut la chandelle. Pour moi, la maladie affective bipolaire signifie de vivre au risque de se brûler. Tel que l’écrivait Jack Kerouac dans Sur la route:

The only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn.

N’empêche, la pyromanie comporte quelques risques, et il importe de suivre quelques consignes de sécurité. À cet effet, les douze conseils de l’auteure Julie A. Fast pour les voyageurs atteints de la maladie affective bipolaire se révèlent être intéressants. Parmi ceux-ci, soulignons de faire du sommeil sa priorité, d’apporter suffisamment de médicaments, de prendre le temps de faire de l’exercice et de relaxer et de prévoir à l’avance son retour.

Pour moi, le dernier point se révèle être d’une importance capitale, puisque plusieurs de mes dépressions ont suivi mes voyages. C’est-à-dire que les retours se sont traduits en dépression. Le défi aujourd’hui consiste à tenir occupé mon esprit et à embrasser de nouveaux projets pour éviter de plonger à nouveau.

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