Jackson Pollock, Convergence.
Jackson Pollock, Convergence.

La maladie affective bipolaire est une variation constante de l’image de soi. Comme si, il y avait trois « moi ».

J’ai pris connaissance de ces variations sur un même thème alors que je suis actuellement en recherche d’emploi. En effet, il est difficile de réintégrer le marché du travail après l’avoir quitté abruptement, après avoir l’impression que tout le monde sait. Que tout le monde sait que je suis bipolaire et/ou alcoolique.

Il m’est difficile pour moi de reprendre confiance en moi et de croire que cette fois, non, j’irai jusqu’au bout, je ne baisserai pas les bras, je n’appellerai pas un matin pour dire que je suis malade alors que je suis terrorisée à l’idée d’affronter le regard des autres.

La dépression m’a marqué au fer rouge. Cette marque a été douloureuse, et ses cicatrices sont encore bien visibles. L’une de ces cicatrices se veut la baisse d’estime de soi. Pour le psychiatre états-unien Ronald R. Fieve,

[le trouble bipolaire] émousse aussi temporairement le jugement en suscitant des épisodes de dépression profonde qui (…) génèrent des sentiments d’impuissance, de désespoir et d’autodépréciation.

Fait intéressant, la courbe de l’humeur tracée par les patients atteints de la maladie affective bipolaire se veut également le reflet de l’image de soi. C’est-à-dire, aux périodes d’exaltation sont associées une « surestime de soi » alors qu’aux périodes de déprime sont associées l’autodépréciation.

Source: Beating Bipolar.

Ainsi, selon le graphique précédent, mon image de soi a beaucoup fluctué de mes dix-huit à mes vingt-trois ans. À mes dix-huit ans, aux prises avec une dépression majeure, je me sentais indésirable et inadéquate. Durant mes dernières périodes d’hypomanie, je me suis sentie brillante et prête à tout.

Je me dois de prendre ces variations d’humeur et d’images de soi en considération si je me veux construire un avenir stable (ou presque). Je dois prendre du recul avant de me lancer tête baissée dans de nouveaux projets. N’empêche, lorsque j’affirme que je désire devenir une psychiatre norvégienne tatouée, il y a tout de même un fond de vérité.

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