New York
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Je n’ai jamais rencontré Kristin Dombek, mais j’éprouve une fascination quasi-névrotique à son égard.

C’est que celle-ci, essayiste et universitaire américaine, a publié un essai lyrique dans les pages du magazine new-yorkais n+1 à l’hiver 2012 sur comment arrêter. La dépendance. À quoi? Au sexe, à l’alcool, aux drogues, aux dépendants.

Ironiquement, l’auteure ne propose aucune piste de solutions, mais plutôt un sombre constat. De fausses promesses. Puisque les dépendants ne savent que promettre sans jamais honorer leurs engagements. Un peu comme moi quoi.

* * *

Je n’ai jamais rencontré Nicolas Langelier, mais j’éprouve une fascination à son égard.

C’est que celui-ci, journaliste indépendant et auteur de Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles, a traduit l’essai lyrique de Kristin Dombek dans les pages de son magazine Nouveau Projet à l’hiver 2013.

Le résultat confond l’entendement. Un peu comme si je m’étais sentie projeté dans une autre vie, une vie qui ne m’appartient pas vraiment, mais qui se veut une fuite vers l’avant.

Les alcooliques, les toxicomanes, les accros au sexe, les joueurs compulsifs, les gens qui sont au coeur d’une virée gigantesque et possiblement fatale (ou ceux qui tentent de se remettre d’une telle virée): voilà les seuls individus qui m’intéressent vraiment, ce qui veut dire que je ne fréquente ou ne baise ou n’aime que des gens qui ont un parent ou deux de décédé(s), des personnes bipolaires ou de manière générale déprimées, des musiciens, des auteurs ou des menteurs pathologiques. – Kristin Dombek, « Comment arrêter »

Tout comme elle, je m’éprends toujours, sauf exception, d’amours jetables. C’est que la normalité ne m’intéresse pas.

Je préfère de loin fréquenter des personnes aux prises avec la maladie mentale ou des dépendances, qu’une personne équilibrée qui a à peine vécu. Parce que oui, ceux qui souffrent de maladie mentale, les déprimés, les bipolaires et les schizophrènes sont plus sensibles et plus créatifs. N’empêche, lorsque je rencontre ces personnes pour une première fois, je ne me doute pas qu’elles ne sont pas saines d’esprit.

Dombek, elle, sait exactement pourquoi on ne devrait pas s’amouracher de ces âmes fragmentées:

Je connais bien les raisons pour lesquelles on considère qu’il est malsain d’aimer les gens ne pouvant traverser une journée sans se défoncer. Ils déclenchent des bagarres stupides dans des bars avec des hommes qui, à leur avis, flirtaient avec vous, et vous devez les serrer dans vos bras jusqu’à ce qu’ils retrouvent leur calme et que vous puissiez filer en douce votre numéro aux gars en question. – Kristin Dombek, « Comment arrêter »

Je ne sais toujours pas comment arrêter. Je l’ignore, mais tout ce que je veux c’est me lover dans les bras de Y. Pour oublier. Pour me construire une cathédrale métaphysique et m’y réfugier, lénifiée.

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