Il y a de ces soirs où on se dit que non, non on ne le fera pas.

Il y a de ces soirs où mon coeur frissonne à la vue de A Ali le gusta tu estado*. C’est que voyez vous, Ali est l’un des meilleurs amis de J., mon ex-copain. Dans ces moments-là, je hais les réseaux sociaux, et songe à supprimer mon compte. En même temps, je meure d’envie d’envoyer un message texte à J. Il y a de ces soirs où on se dit que non, non on ne le fera pas.

Et puis, soudain, tout me revient. Notre rupture. Les moments où nous restions nus le jour ou la nuit, dans une ancienne chambre d’hôtel du centre-ville de Toronto. Nos interminables conversations téléphoniques. Les moments où nous cuisinions un plat typiquement libanais et où on oubliait l’étape 4. Nos vêtements échangés. Les moments où nous nous chamaillions dans la neige. Notre premier je t’aime. Les moments où, après l’amour, nous disions: « On est pas ensemble, okay? »

La vie nous ramène constamment en arrière. Ce soir, je porte le pull de mon copain, Y. Pourtant, il y a quelques jours, je portais celui de J., telle une relique. Je ne pouvais m’en départir. Il y a ces soirs de mélancolie où on sent qu’on ne peut avancer. Ces soirs-là, on n’a pas d’autre choix que de regarder un film nihiliste: Oslo, 31 août.

* * *

J’ai regardé hier à nouveau le long métrage de Joachim Trier Oslo, 31 août, nostalgique que j’étais de mon été en Norvège en 2013. Je suis ébranlée. Et pour cause, la première fois, je voyais le film de l’extérieur et la seconde, je le vivais de l’intérieur. C’est que, entre les deux visionnements, j’ai vécu une dépression majeure et ai vécu à Oslo pendant deux mois.

Oslo, 31 août se veut une nouvelle adaptation de Le Feu follet de Pierre Drieu La Rochelle. En effet, le roman a déjà été porté à l’écran par Louis Malle il y a 50 ans:

Dans son adaptation contemporaine, on y suit pendant 24 heures Anders, toxicomane, ayant obtenu une permission de sortie de la clinique qu’il fréquente afin de se rendre à un entretien d’embauche à Oslo. Anders en profitera pour renouer avec d’anciens amis et connaissances, et se donnera une dernière chance. Or, celui-ci laissera filer entre ces doigts les dernières opportunités de refaire sa vie et décidera d’y mettre fin.

Le film m’a bouleversé puisque je peux m’identifier au personnage principal par mon vécu. Du moins, je peux comprendre ce qu’il ressent, sa culpabilité, sa honte et son vide. Je ne suis pas déprimée pour le moment, je vais très bien en fait, mais je sais reconnaitre à quel point ma maladie a fait souffrir mon entourage et J. le premier.

Je suis (et serai toujours) imparfaite, blessée, quelque peu cinglée; n’empêche, cette fois-ci sera différente. Cette fois-ci, je n’imposerai pas ma maladie à mon copain, Y. Je ne veux plus jouer le rôle de la copine bipolaire. Plus jamais.

* Ali aime ton statut, sur Facebook.

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