Non, je ne suis pas enceinte. Pas encore. Non pas que je souhaite l’être tout de suite, mais cette réalité autre m’obsède. En fait, j’aurais dû intitulé ce billet « La maternité ou la peur de souffrir ». Parce que qui m’obsède dans tout ça, c’est de souffrir ou de souffrir en imposant la souffrance à autrui.

Alors pourquoi parler de souffrance maintenant si ce n’est que je vais accoucher dans dix ans – incha’ Allah? C’est que, je suis allée à la rencontre de la maternité malgré moi. Ma soeur a donné naissance à deux filles il y a un mois. Pour la première fois, j’ai pris des nouveaux-nés dans mes bras. Par peur de tomber dans les clichés, je ne dirai pas qu’il s’agissait d’une expérience transcendante, sauf que ça l’était. Avoir un corps fragile au creux de ses bras, à prendre soin, à réconforter, voilà une expérience qui s’explique difficilement en mots.

Autrement, entre-temps, je me suis mise à lire ici et sur les perspectives féministes sur la maternité. Parce qui si vous m’aviez interrogé il y a cinq ans, je vous aurais dit que je ne voulais ni enfants ni mari(s). Sauf que les rencontres nous transforment, ne nous laisse pas indifférentes. À dire vrai, c’est depuis ma rencontre avec mon ex-copain J. que le désir d’avoir des enfants a crû en moi. Depuis, j’y repense à chaque fois que quelqu’un accouche, ou encore, à chaque fois que je rencontre le nouvel homme de ma vie. (C’est que voyez-vous, m’étant séparé de Y., je suis rendue à K. parce que je ne fais rien dans l’ordre. Or, K., s’il est intéressé, ne peut être mon copain, du moins, pour le moment, du moins, pour les prochaines années.)

Revenons-en à la souffrance. J’ai peur de mettre au monde parce que ça va faire mal, très mal. Je sais, il y a tant de femmes qui sont passées par là avant moi, qui ne sont pas mortes en mettant au monde (quoiqu’il y en a plusieurs qui ont perdu la vie, mais ça, je me dois de l’oublier), nos mères ont connu ça, elles ont survécu à ça. Ça, c’est une expérience indicible. Mais aussi, j’ai peur d’être une mère indigne. C’est que voyez-vous, tout le monde a son mot à dire sur les mères: ce qu’elles ont l’air, comment elles parlent à leur(s) enfant(s), ce qu’elles font à manger, etc.

Aussi, j’ai peur d’être une mère malade. J’ai peur de la dépression post-partum. J’ai peur d’avoir une fille ou un garçon tourmenté, suicidaire, drogué parce que bipolaire.

D’ici là, pour me préparer à partir en guerre, parce qu’être mère est un combat perpétuel, je lis Les tranchées de Fanny Britt, un essai sur la maternité, l’ambigüité d’être mère et le féminisme. Sauf qu’au final, on ne sait jamais vraiment ce que c’est la guerre à moins d’y être allée. Et d’en revenir vivante.

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