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J’ai toujours eu un rapport difficile à l’argent. Je ne suis pas ménageuse. Je suis une véritable dépensière.

Au Saguenay, on dirait que je n’ai pas de talent. C’est-à-dire qu’on dirait que je ne suis pas douée avec l’argent. Selon l’auteur Samuel Archibald, j’entrerais dans la même catégorie que « les chômeurs chroniques, les dépensiers, les éternels cassés, les mange-touts, les bourreaux d’argent ».

C’est qu’Archibald sait de quoi il parle: il n’a jamais été ben ménageux lui non plus. D’ailleurs, j’aurais pu écrire, si j’avais trente ans, si j’étais un homme et si j’étais écrivain:

J’ai passé ma vingtaine à me faire accroire que j’étais comme ça parce que je n’avais effectivement pas une maudite cenne, puis la trentaine est arrivée et la job avec, et j’ai continué à avoir une sainte misère à payer les factures à temps et à ne pas oublier des comptes au fond du classeur. Je perds de l’argent à coups de 100 piastres parce que j’oublie de remplir mes demandes de remboursement. Je trouve tout à coup que j’ai du cash en trop, je le dépense en livres ou en scotch. J’arrive au temps de l’impôt, je regarde mes T4 pis je me demande où tous ces beaux dollars sont allés. J’ai honte d’en parler devant mon grand-père, devant ma mère, devant tous mes amis qui sont bons avec l’argent, sérieux, économes, prévoyants. – Le sel de la terre

C’est que j’ai honte. J’ai honte parce que j’accorde de l’importance à ce qui en a probablement pas. C’est que des fois, je n’ai pas assez d’argent pour m’acheter du lait (bio) parce que je viens de m’acheter des bottillons ecco. D’autres fois, je n’ai pas assez d’argent pour payer mon bill de cellulaire parce je porte d’immenses montures autrichiennes. Bref, à vingt-trois ans, je ne sais toujours pas gérer mon argent.

Bien sûr, je pourrais donner comme excuse que je suis bipolaire, mais ça reste insatisfaisant. Ça n’explique pas tout. Si j’ai flambé des milliers de dollars en phase dépressive et/ou hypomaniaque, ma personnalité y est aussi pour quelque chose. C’est que je suis excessive.

Voyez-vous, il me prend parfois l’envie de me faire poser des rallonges de cils ou de cheveux ou encore de me faire tatouer un sleeve tattoo. Une envie irrépressible, digne des envies d’une enfant (unique) de la classe moyenne. Une envie éphémère somme toute, qui finit par passer. Tout comme les variations d’humeur. Elles finissent pas passer, mais jamais pour longtemps.

* Photo d’un jeune Ernest Hemingway, qui flambera plus tard son prix Nobel en quelques mois seulement.

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