Portrait-Richard-Learoyd-02
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On avait envie d’appeler ce billet « De la mauvaise habitude d’être amie sur Facebook avec son ex et ses amants », mais on s’est dit que ça reviendrait à se plaindre, à crier son amour-haine pour la chose, chose qui nous obsède d’ailleurs.

On aurait écrit que rien n’est plus humiliant que d’attendre un amant qui a du bon temps, mais non, on ne l’écrira pas. On aurait également écrit que l’on essaie de décrypter chaque photo de l’ex ou de l’amant en question, à savoir s’il a couché oui, ou non avec une de ses filles qu’il enlace à la taille. Parce que oui, notre ex ou notre amant est beau, séduisant même dans son costard avec noeud papillon assorti. Sauf que non, on ne l’écrira pas, parce que c’est futile. Et puis, si on l’aimait vraiment, ne serait-on pas contente pour lui qu’il passe du bon temps?

Dans les faits, je ne sais même pas si nous sommes amants. À partir de combien de temps on commence à être des amants? Je sais que mon ex est mon amant, mais est-ce que celui qui n’a jamais été mon copain l’est-il tout autant? C’est là que les lignes s’entremêlent. D’ailleurs, je devrais cesser de vouloir mettre des étiquettes sur tout, mais c’est plus fort que moi. J’ai besoin de comprendre. Sinon je meure d’ennui. N’empêche, ma vision romantique de la chose me fait croire que l’homme en question est mon amant tout comme mon ex. Je sais, ça devient mélangeant ces histoires d’amants. C’est qu’il y en a beaucoup.

J’écris avant que le froid gèle mes doigts et s’empare de mon âme. Peut-être devais-je mettre le feu à nouveau par précaution. Au moins mettre le feu a le don d’attirer l’attention. Je connais quelqu’un qui a mis le feu à son appartement, comme ça, après la mort de sa mère. Je ne sais pas ce qu’il a pensé, ou plutôt je le sais trop bien. Moi aussi je serais capable de mettre le feu, comme ça, par frustration. Frustration d’une vie qui n’est pas ce qu’elle doit être. Frustration d’écrire de pénibles billets. Frustration de ne pas se voir aimée — du moins, par les hommes qu’on veut. Frustration donc assortie à une crise existentielle chronique. Suis-je hypocondriaque? Oui, mais ça fait un point en commun de plus avec Alain Farah.

D’ici mon souper avec Alain Farah, je resterai dans l’alternative de mettre le feu. Ou de partir pour l’Afghanistan, c’est selon. Pas pour prendre Sd comme amant, non, même à Kaboul, j’aurais là chienne, mais seulement pour voir comment on vit là-bas. Pour me changer les idées, pour oublier la futilité de ma vie. Pour échanger avec des âmes différentes de la mienne. Pour revoir un ami, et un seul, Ad. Pour ne pas mettre le feu, non pas cette fois.

* Portrait du photographe Richard Learoyd.

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