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Je n’ai point écrit pendant deux mois. Rien. Niente.

Je m’en veux. Je m’en veux de n’avoir su continuer à écrire et à hurler quand on m’a demandé de me taire. Parce que les expériences nous usent, il faut savoir garder la tête haute, prête à frapper s’il le faut.

Dans « Une méthode parfaitement inadéquate », tirée de son recueil de nouvelles Les truites à mains nues, l’écrivain Charles Bolduc dépeint un narrateur haï par un village entier. J’ignore pourquoi, mais je me suis identifiée à ce narrateur anonyme, qui, du jour au lendemain, a été choisi pour être puni de tous les crimes qu’il n’a pas commis. Le narrateur déclare:

Mais je ne leur en veux pas. C’était une cruauté ordinaire, commise par des êtres dont je comprenais les motifs. Je revêtais ainsi pour eux une fonction expiatoire, une qualité régulatrice, et, tout bien considéré, quelqu’un devait consentir à ce sacrifice afin que le progrès suive son cours.

Un billet télescopé donc qui reflète le flot de mes pensées accidentées.

C’est qu’il y a eu un avant et un après. Je ne suis plus la même depuis qu’un membre de ma famille a tenu des propos violents à l’égard de ma religion, de ma condition médicale et de mes écrits. Depuis, j’ai compris qu’il est impossible de plaire à tout le monde, mais qu’il faut se respecter, pour ne pas plonger. Il faut se respecter dans ses croyances, dans son unicité. Je suis musulmane. Je suis bipolaire. J’aspire à être écrivaine. Je suis tout cela à la fois et beaucoup plus. Je suis l’infini. Et tant qu’on s’attaquera à mon être, à ma raison d’être, je me battrai.

* * *

Fatiguée, déprimée, je suis allée consulter le médecin en début de semaine. J’ai dû prendre une pause pour me remettre de ma lassitude et me projetter vers l’avant dans un élan increvable. Une fois de plus, on a changé ma médication. J’ai cessé l’Abilify pour désormais prendre du Seroquel. Pour les initiés, le Seroquel a des propriétés d’antidépresseurs. Couplé à mes antidépresseurs (Prozac), l’effet a été quasi-instantané. Des projets, de l’espoir et de la motivation.

N’empêche, si je vais mieux, ce n’est pas seulement en raison de mes médicaments, mais aussi grâce à mon entourage. Mes amies proches ont su m’encourager et m’entourer pour rehausser mon humeur et éviter que je me retrouve une fois de plus à la clinique. Il faut savoir s’entourer pour mener ses combats. Le mien n’est pas terminé. Il est à peine entamé.

Photo: Daniel Kovalovszky.

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