On s’est assis pour prendre un café au Café Myriade et tu m’as dit des choses que tu n’avais dit à personne. Ensemble, on avait trompé l’ennui et on se devait désormais de mieux faire connaissance. Je suis faible, c’est ce que tu m’as dit. Sûrement fucked aussi.

J’écris finalement ce billet d’un café Starbucks où un autre de mes amants travaille. Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Quête d’autodestruction, de nihilisme ou d’absurdité? Mes pensées se fragmentent et il m’est impossible de ramasser les morceaux par terre.

Tu m’as parlé des femmes que tu as baisées, de celles que tu n’aimais pas. Tu m’as parlé de triangles amoureux, de relations brisées, de filles à cueillir parce qu’elles sont juste là, malgré elles, fragiles et innocentes.

Tu m’as montré une photo de mon ex et ça m’a surpris. Comment as-tu su? J’imagine que quand on vient de là on sait. On sait qui est quoi et qui pense quoi. On sait reconnaître les conservateurs, les chiites et les activistes. On sait. Mais tu ne savais pas pourquoi cet homme m’avait aimé. Comment il m’a aimé. S’il m’a battu. Si je me suis travestie pour lui. Peut-être que oui. J’ai cette tendance à me travestir pour autrui. Je l’ai fait avec un Iranien plus vieux que moi, avec un Libanais plus jeune que toi. Sauf que je ne l’ai pas fait avec toi.

Je suis transparente. Je suis cette fille qui veut se réveiller les cheveux entremêlés aux tiens, parce que tu auras les cheveux longs nécessairement. Tu sais que ça m’attire et que j’ai un fétiche pour les Arabes. Voilà pourquoi j’étais chez toi, un dimanche soir, un de ces soirs où il fait froid et où on fait l’amour pour tromper l’ennui. (Jouer à faire des enfants, mais pas vraiment.)

Tu ne me prendras pas comme femme comme d’autres avant toi. J’ai déjà connu ça. Tu n’es pas du genre à sortir avec une fille à problèmes comme moi. Je suis trop fucked pour toi. Et pourtant, j’ai l’impression que c’est toi qui ne va pas bien parfois. Dans ta manière d’être avec les gens, trop direct voire méchant.

Mon âme est peut-être impure, mais je suis une personne innocente. Qui ne te fera jamais de mal. Ou si peu. C’est plutôt toi qui m’en fait, mais ça, je te l’ai demandé. De me faire mal parce que je suis triste. Parce que j’ai besoin d’amour. Et parce que oui, j’ai l’impression que nous pouvons êtres amis, ce qui n’est pas tellement mon habitude.

J’ai des choses illégales dans mon sac à bandoulière, mais ça, j’en ai l’habitude. J’écris mon billet de Guy-Concordia, là où j’ai embrassé tant de garçons différents. Tous des Arabes, parce que j’ai un fétiche à ce qu’il paraît.

Je suis assise à table avec une femme musulmane. Tu sourirais si tu me voyais. Mais tu ne vois pas parce que tu es retourné chez toi. Tu es venu prendre un café avec moi après une nuit sans amour. Tu n’auras pas voulu m’embrasser comme tous les autres au coin de Guy et Maisonneuve. Tu étais gêné. Tu as des principes.

J’écris désormais d’un autre café, de manière tout aussi inappropriée. C’est que là-bas, une de mes fréquentations y travaille. Je l’ai regardé en diagonale, il m’a reconnu et il doit se demander ce que je fais là. Ça fait une demie-heure que je suis là sans lui avoir adressé la parole. Reflet de mon état d’esprit. Je n’ai pas la tête à parler, j’ai seulement besoin de compagnie. Pour ne pas m’écrouler, pour aller de l’avant.

Pour lire la suite, cliquez ici.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: