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On hésite à partir en roadtrip avec Réjean Ducharme ou à réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles.

On opte pour la seconde option. Parce qu’on a pas su réussir son hypermodernité. Parce qu’on fait confiance au journaliste Nicolas Langelier qui a goûté, lui, à l’hypermodernité.

On entreprend la lecture du roman. On commence par le début et non pas par la fin comme on en a l’habitude.

Étape 1: Décider de faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard

Un jour, c’est inévitable, vous en aurez assez.

Vous déciderez qu’il y a eu assez de mort(s) autour de vous, et qu’il est temps de faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard. Le tourbillon des derniers jours, semaines, mois – des dernières années, même, peut-être – vous aura laissé confus et désorienté, habité par un malaise perpétuel, le sentiment que tout ça – votre quotidien, votre mode de vie jeune et dynamique, tout cet argent qui entre dans votre vie et qui en ressort aussitôt, toutes ces ondes traversant les murs et vos organes, toutes ces lumières brillantes, ces appâts réfléchissants, ces impulsions électriques dans vos gadgets, vos neurones, vos paupières fermées – le sentiment que tout ça, donc, ne mène à rien, sinon à des endroits où vous ne voulez pas aller, n’avez jamais eu envie d’aller. Et vous serez fatigué, vraiment fatigué.

On songe à quel point on est fatiguée. À quel point l’hypermodernité nous sied si mal. À quel point celle-ci nous a laissé tomber.

On poursuit notre lecture.

Vous essaierez alors de définir vos espoirs liés au printemps imminent, à ce moment très précis de votre existence, et vous n’en trouverez pas vraiment.

Serait-ce les antidépresseurs qui ne fonctionnent pas? Qu’a-t-on compris de travers? On pensera à cette fuite vers l’avant. Et on se demandera vers quoi. À cela, Nicolas répondra:

Pour cela, il faudrait savoir ce que vous fuyez, et à ce moment vous ne le saurez pas vraiment.

* * *

On se rendra compte qu’il y a un an, on était au même point. Ou presque.

Les alcooliques, les toxicomanes, les accros au sexe, les joueurs compulsifs, les gens qui sont au coeur d’une virée gigantesque et possiblement fatale (ou ceux qui tentent de se remettre d’une telle virée): voilà les seuls individus qui m’intéressent vraiment, ce qui veut dire que je ne fréquente ou ne baise ou n’aime que des gens qui ont un parent ou deux de décédé(s), des personnes bipolaires ou de manière générale déprimées, des musiciens, des auteurs ou des menteurs pathologiques. – Kristin Dombek

À cette longue liste, on ajoutera les ingénieurs immigrés et les futurs psychiatres. Puis, une fois la liste terminée, on se dira que le temps est venu.

Le temps est venu de sauver le reste de sa vie.

* Oeuvre de John Vassos

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