Je relis – parce que pas terminé – le roman Testament de Vickie Gendreau écrit juste avant sa mort annoncée. C’est une amie qui me l’a offert. J’ignore pourquoi, peut-être devrais-je m’inquiéter.

Il paraît que c’est mieux d’écrire au « je », que ça fait plus personnel, du moins c’est ce que mon frère m’a dit. Il paraît qu’écrire au « on » c’est présomptueux. Fair enough. J’abdique, je vais caresser la première personne du singulier.

Lénifiant qu’est ce blogue qui se réclame à la fois de l’amour et de la violence. Vous avez du mal à me suivre? Moi aussi.

J’ai commencé Testament depuis une quinzaine de minutes et je suis déjà à la vingt-huitième page. À quelques reprises, je me suis reconnue. Tu te reconnais partout me répliqueras-tu. C’est vrai. Je suis omnisciente, je suis dans ces romans à peines entamés, dans ces lits défaits, dans ces marques de rouge à lèvres sur ta tasse à café préférée.

Je me reconnais même dans Caprice, danseuse nue, personnage plus que secondaire lorsque Vickie lui dit:

Tu tombes en amour avec un mec après avoir couché une fois avec. Ça ne manque pas. Tu as l’ami slack. Je ne veux même pas imaginer si tu avais couché avec ton fameux journaliste.

C’est vrai, j’ai cette tendance à m’attacher, à m’emballer aussitôt mon corps offert à un (futur) médecin. Je n’imagine pas ce que ça serait si j’en venais à coucher avec mon prof de littérature française. J’aurais sans doute l’esprit juste assez tordu pour le menacer de diffuser les photos de nous deux auprès de sa famille. Je divague. Je n’ai jamais couché avec un homme marié. Pas encore. Mais ça va venir. Je me connais, j’arbore l’interdit comme une parure. C’est plus fort que moi.

D’ailleurs, je suis toujours sans nouvelles du médecin de famille-professeur d’université. Il est retourné à Calgary. Il m’a dit qu’il habitait toujours chez ses parents. Au Bangladesh c’est important la famille. À la vie, à la mort. N’empêche que j’ai sans doute été naïve de le croire, qu’il a sans doute une femme, des enfants, une maison, deux voitures et un chien. Je ne suis que de passage, je ne suis que passage me dis-je.

Heureusement qu’il avait déjà des photos d’autres femmes à demi-nues sur son téléphone portable. Ça aurait pu être moi. D’ailleurs j’ai dû demandé aujourd’hui à un ancien amant d’effacer les photos compromettantes. Ça paraîtrait mal de les voir apparaître sur l’Internet lorsque l’un de mes élèves googlera mon nom. On est jamais trop prudente.

N’empêche, lorsque je l’écrirai mon livre, je changerai à peine les prénoms. Personne ne te reconnaîtra de toute façon. Sauf toi.

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